« Une telle douleur, si j'ai pu la prévoir, je saurais la subir. »

Virgile (70-19 av. J.-C.)







































































































































































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     Qu'est-ce que la greffe - Greffon contre l'hôte - Résumé médical - Mon journal


QU'EST-CE QUE LA GREFFE DE CELLULES SOUCHES
ALLOGÉNIQUE


Les renseignements contenus dans cette page sont basés sur mon expérience personnelle de la greffe de cellules souches allogénique, survenue en août 2005 à l'hôpital Royal Victoria de Montréal. Considérez que votre expérience peut être différente selon votre type de cancer, de votre équipe soignante, des nouvelles découvertes dans ce domaine et une multitude d'autres facteurs.

Les cellules souches
Les cellules souches sont les cellules « mère » à partir desquelles toutes les autres cellules sanguines se développent. Ces dernières sont principalement les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes. La moelle osseuse est l'usine qui produit les cellules souches. C'est un tissu de consistance molle qui remplit l'intérieur des os comme le sternum ou le bassin. La moelle osseuse n'est pas la moelle épinière; la moelle épinière est la partie du système nerveux qui descend dans la colonne vertébrale. Quand on parle de don de moelle osseuse, on ne parle pas de la moelle épinière. On trouve des cellules souches dans la moelle osseuse, dans le sang périphérique et dans le sang du cordon ombilical des nouveau-nés.


Pourquoi la greffe ?
La greffe de cellules souches est envisagée lorsque d'autres traitements pour tenter d'arrêter la maladie tels que chimiothérapie, radiothérapie, anticorps monoclonaux, etc., ont échoué. Alors la seule ressource pour sauver ces malades consiste à remplacer leurs cellules déficientes de la moelle par des cellules saines provenant d'un donneur sain (greffe allogénique).

L'intensité de la thérapie peut provoquer des problèmes affectifs et psychologiques chez le malade et les membres de sa famille. Néanmoins, lorsque la greffe est la seule possibilité de guérison, elle justifie amplement les risques liés à l'intervention.


Donneur compatible
Les caractéristiques des cellules souches qui seront greffées, doivent être aussi proches que possible de celles du malade. Comme ces caractéristiques sont héréditaires, on recherchera d'abord un donneur compatible dont les marqueurs génétiques tissulaires sont suffisamment semblables à ceux du malade au niveau de la famille parmi les frères et les soeurs. Une simple prise de sang leur sera faite pour savoir s'il y en a un(e) ou plusieurs d'entre eux qui sont compatibles avec vous. Les chances de trouver un donneur compatible dans la famille sont environ de 25 %, soit 1 chance sur 4.

Lorsque l'on ne trouve pas de donneur dans la famille, on tente alors d'identifier un donneur non apparenté compatible à l'aide de ce qu'on appelle le Registre de donneurs de cellules souches. Ce registre donne aussi accès à des cellules souches de la banque publique de sang de cordon ombilical. Le sang de cordon est une option thérapeutique avantageuse pour les personnes pesant moins de 50 kg, nécessitant une greffe de cellules souches.

Voir le site d'Héma-Québec :
http://www.hema-quebec.qc.ca/francais/cellulessouches/sangcordon.htm


Comment se déroule la greffe ?

ÉTAPE 1 : Examens
Après avoir sélectionné un donneur avec une compatibilité tissulaire convenable, des examens sont pratiqués chez le donneur afin d'éliminer toute contre-indication à la greffe. En ce qui concerne le receveur, un TEP Scan sera effectué pour vérifier que le cancer a régressé au maximum avant la greffe.

ÉTAPE 2 : Don de cellules souches
Avant de faire le don de cellules souches, le donneur reçoit plusieurs fois un facteur de croissance (Neupogène) qui va faire migrer les cellules souches de la moelle vers le sang. Habituellement le donneur se donne lui-même 3 doses de Neupogène par injection intramusculaire, la première dose étant plus ou moins 3 jours avant le don. Le Neupogène peut causer des douleurs osseuses facilement contrôlables par de l'acétaminophène.

Le don de cellules souches se fait maintenant par aphérèse. Cette technique consiste à faire passer le sang du donneur dans une machine spécialisée qui va filtrer de manière ciblée les cellules souches (en séparant les globules rouges, les globules blancs, les plaquettes et les cellules souches) avant de renvoyer le sang vers le donneur.

Cette technique ne requiert pas l'hospitalisation du malade et lui évite l'anesthésie générale. Par contre, le donneur peut retourner à l'hôpital plus d'une journée si le prélèvement n'a pas été suffisant la première journée. Environ 3 % de la moelle du donneur est retirée, cette quantité est compensée rapidement par l'organisme dans les jours qui suivent le don. Le donneur se sentira fatigué les quelques jours suivants le don.

Ensuite, les cellules souches sont cryoconservées (conservation à -180°C) jusqu'à la greffe, dans des poches en nombre égal au nombre de réinjections prévues. Elles peuvent se garder cinq ans sans problème.


ÉTAPE 3 : Pose du cathéter
La pose d'un cathéter Hickman à 3 voies est nécessaire pour les patients nécessitant l'administration de traitements lourds et de longue durée comme une greffe de cellules souches. Le cathéter est un petit tuyau inséré par voie transcutanée dans une veine profonde sous clavière (derrière la clavicule). L'extrémité externe est libre et peut être raccordée à un dispositif de perfusion.

La mise en place est effectuée sous anesthésie locale dans un bloc opératoire ou en radiologie par un personnel formé à la réalisation de ce geste : anesthésiste ou chirurgien. La bonne position du système dans une veine profonde est vérifiée par un examen radiologique réalisé pendant la pose. L'intervention dure de 30 minutes à 1 heure.

Après sa mise en place, le dispositif sera entretenu de telle sorte qu'il puisse fonctionner pendant toute la durée de votre traitement :

  • Réfection du pansement
  • Désinfection
  • Rinçage des 3 voies par héparine

Dès qu'il devient inutile, le cathéter doit être enlevé par le chirurgien ou l'anesthésiste qui l'a mis en place (ou l'un de ses collègues habitué à ce type de geste). Ceci s'effectue sous anesthésie locale; l'ouverture cutanée nécessite la mise en place d'un ou de plusieurs points de sutures, enlevés au bout de quelques jours quand la cicatrisation est obtenue.

ÉTAPE 4 : Hospitalisation – chimiothérapie
Le malade est hospitalisé une semaine avant la greffe afin d'effectuer un bilan pré-greffe (dentiste, électrocardiogramme, capacité pulmonaire, etc.) et débuter le traitement de conditionnement. Ce traitement prépare le malade à recevoir la greffe en détruisant complètement sa moelle. Pour cela, il va recevoir une chimiothérapie à dose élevée pendant une semaine, dans une chambre stérile puisque ses dernières barrières immunologiques auront été levées.

Les effets secondaires de la chimiothérapie se font sentir habituellement une semaine après le début du traitement : nausées, ulcérations de la bouche et perte transitoire des cheveux. Notons aussi que la chimiothérapie à forte dose risque de rendre infertile (plus de règles). Demandez à votre oncologue de rencontrer un ou une spécialiste de la reproduction avant de commencer toute chimiothérapie pour essayer de prévenir l'infertilité (prise de Lupron, prélèvement d'ovules).

ÉTAPE 5 : La greffe – Jour 0
La greffe est réalisée de manière assez simple. Les cellules souches, contenues dans des poches, sont dégelées puis injectées par plusieurs perfusions à travers le cathéter du malade. Il y a habituellement deux perfusions par jour, une le matin et une l'après-midi durant chacune environ 5 minutes. Toute l'opération (mise en place et la perfusion) dure environ 15 à 20 minutes et le nombre total de perfusions dépend de chaque personne (poids, etc. Dans mon cas, j'ai eu quatre perfusions sur deux jours). Une odeur caractéristique se dégage des produits chimiques utilisés pour conserver les cellules souches. Elle risque d'embaumée votre chambre pendant quelques jours!

Les effets secondaires les plus communs sont des vertiges légers, des sensations de picotement dans les mains et les pieds, des maux de tête, des refroidissements, des tremblements et des crampes musculaires. Tous ces effets secondaires sont temporaires et disparaîtront quelques minutes à quelques heures après la perfusion.

ÉTAPE 6 : Récupération à l'hôpital
Après la greffe, les cellules saines se répandent dans le sang du malade et vont coloniser la moelle osseuse. Celle-ci n'a lieu que 10 à 30 jours après la greffe, période pendant laquelle il faut continuer de protéger le malade des agents infectieux.

Pendant cette période, le malade est très faible et dois faire face aux effets secondaires de la chimiothérapie et des autres médicaments :

  • diminution du nombre des globules rouges (anémie)
  • diminution du nombre des globules blancs (neutropénie)
  • diminution du nombre des plaquettes sanguines (trombopénie)
  • nausées et vomissements
  • modifications du goût
  • mucosite (inflammation dans la bouche et la gorge)
  • perte des cheveux et des poils
  • très souvent le malade pert l'appétit et dois être nourri par voie intraveineuse (TPN – Total Parenteral Nutrition).

D'autres complications risquent également de se produire :

  • risque d'infections (infection urinaire, dans le sang, vaginale, etc.)
  • risque de diarrhée ou de constipation
  • risques liés au cathéter central
  • risques de transfusions
  • risque de douleurs
  • risque de complication de la vessie
  • risque de rejet et de rechute

ÉTAPE 7 : Sortie de l'hôpital – suivi
La sortie se déroule entre le 30e et 50e jour après la greffe, si tout se passe bien. Pour avoir son congé, le patient doit être capable de se nourrir et ses globules blancs avoir un nombre suffisamment élevé pour ne plus être neutropénique.

Par la suite, les patients sont suivis toutes les semaines à l'hôpital, en clinique de jour. Le but de ces consultations est de dépister à temps toute complication qu'elle soit infectieuse ou bien de la GVH (réaction du greffon contre l'hôte).

Déroulement de ces consultations : prise de sang, soin du cathéter, rencontre avec le médecin, ajustement de la médication (dont les immunosupresseurs) et, s'il y a lieu, hydratation et/ou magnésium à la salle de traitements.

Effets secondaires courants durant cette période :

  • tremblement, froid
  • nausées et vomissements
  • modifications du goût
  • mucosite (inflammation dans la bouche et la gorge)
  • diarrhée ou constipation
  • douleurs
  • infections
  • complication de la vessie – boire 3 litres par jour pour éviter cette complication
  • sensations de picotement dans les mains et les pieds
  • problème cutané (peau très sèche)
  • manque d'appétit sexuel (souvent dû à une infection urinaire, vaginal, etc.)

Les effets secondaires de la greffe diminuent avec le temps et la baisse de la médication, dont les immunosupresseurs (cyclosporine, tracolimus, cyclophosphamide). Toutefois, certains reviendront lors de la GVH et la reprise des immunosupresseurs.

Notons aussi certains effets secondaires qui peuvent être permanents comme :

  • Ostéoporause ()
  • Ménaupose ()


Un régime alimentaire après-greffe, restreint en micro-organisme, est requis pendant cette période ainsi qu'une hygiène stricte. Lire le document (PDF)

Au bout de 3 mois (Jour 100) après la greffe, les défenses immunitaires peuvent être reconstituées. Si tout va bien, la médication est arrêtée et vous pouvez reprendre un régime alimentaire normal. C'est à partir de ce moment-là que la GVH risque d'apparaître. Notez que la GVH est signe que votre greffe fonctionne bien. Lire cette section


Denière mise à jour : Septembre 2007
Conception : www.manonbedard.net